Pèlerin au pays de la téranga – Entre deux temps d’arrêt

Au lendemain de Noël, une intoxication alimentaire associée au paludisme m’amène à l’hôpital. À 21 h 30, l’abbé Nestor me conduit à la clinique du docteur Boucal. Aussitôt arrivé, deux infirmières me prennent en charge. Quinze minutes plus tard le médecin arrive. Posé, rassurant, il choisit de me garder sous observation. Pourtant, bien que mal en point, je suis loin d’être à l’article de la mort. Soins excellents, service bienveillant. Deux jours plus tard, je me retrouve dans un mariage sérère auquel j’ai été invité et, trois  jours plus tard, à une veillée de prière pour traverser l’année en chantant et en dansant avec près de 1000 personnes. On dirait une grande chorale gospel! Gratitude envers Dieu pour 2019 et demande d’accompagnement pour l’année à venir.

La sagesse m’invite à un temps d’arrêt. Une retraite d’une semaine au couvent des Carmes déchaussés de Ndiaffatte, à Keur Mariama, saura me remettre debout. Situé dans une zone désertique dont le plus proche voisin – le couvent des sœurs Missionnaires Carmélites Salésiennes –, est situé à près d’un kilomètre, ce lieu baigne dans la sérénité et impose la contemplation. Cette remise sur pieds se fera en mangeant à des heures régulières, par des moments ponctuels de prière et de méditation entrecoupés d’une sieste en après-midi. Pas question cependant de rater le pèlerinage annuel des enfants même s’il se tient au milieu de ma retraite.

Ce pèlerinage, qui rassemble 1300 enfants en provenance de chacun des villages du diocèse de Kaolack au Sanctuaire du Sacré-Cœur, situé tout près du couvent des Carmes, donne entre autres l’occasion à l’évêque de s’entretenir avec eux. Après un petit sketch sur l’Épiphanie présenté par des enfants, Mgr Martin en profite pour animer un jeu-questionnaire autour de la visite des mages avec une telle joie que la fête est au rendez-vous.

Aussitôt la retraite terminée, je me rends à Passy où j’ai rendez-vous avec l’Union cléricale diocésaine (UCS) de Kaolack pour dispenser une conférence sur la communication. Cette conférence, destinée aux prêtres n’ayant pu participer à la session de la mi-décembre, se voulait un résumé de celle-ci. Le président de l’UCS et Vicaire général du diocèse de Kaolack m’invite alors à assister à la fête de Saint-Théophile, patron de la paroisse dont il est le curé, le dimanche suivant.

Le lendemain, je présente la deuxième de trois sessions sur la communication ayant comme thème « Conduire et produire une émission de radio ». Une trentaine de participants, dont certains engagés dans des radios communautaires et le responsable diocésain des Communications – animateur d’une émission sur les ondes de Radiodiffusion Télévision Sénégalaise –, ont l’occasion de partager de riches expériences et de s’interroger sur divers aspects de leur métier. Ce temps d’échange profite à chacun, y compris à votre humble serviteur qui bénéficie d’une culture dont l’oralité est la marque de commerce.

À peine ving-quatre heures s’écoulent avant que je ne participe à la fête de Saint-Théophile dont la célébration eucharistique est remarquable. La simplicité et l’habilité avec laquelle elle est menée savent rassembler les fidèles en une grande famille paroissiale. Une fois de plus, la cathédrale est remplie d’âmes dévotes. Vous pourrez d’ailleurs lire l’article que j’ai écrit à ce sujet dans la revue Rencontre publiée par le Centre culturel chrétien de Montréal dont la sortie est prévue pour le début mars.

Le jour suivant, j’accompagne Michel à Ngane, son village natal. Cette nouvelle escale sur l’océan de sa vie me permet d’entendre des anecdotes si inusitées pour moi, qu’elles nourrissent mon imagination d’Occidental : morsure de serpent, vol de mangues dans les champs voisins, course en auto dans les champs pour rattraper un chacal sur la grève, etc.

Après ces cinq journées consécutives d’activités, un autre temps d’arrêt s’impose pour prendre du recul et écrire afin de ne perdre ni l’élan ni l’esprit de toute cette matière recueillie. Ne pas respecter ses limites ne rend service à personne. Alors, pourquoi ne pas m’offrir une escapade à Dakar pour rendre visite à une amie pour le week-end avant de rencontrer le cardinal Mgr Théodore Adrien Sarr avec qui je serai au moment où vous lirez ces lignes?

Image : Coucher de soleil sénégalais, Robert F. Lalonde (2019)

3 Comments

  1. la ville urbaine devrait avoir un havre de pèlerinage, de recueillement et d’introspection accessible à tous.

  2. la migration de masse devrait faire place au pèlerinage de masse avec un véritable réseau de voyages, d’éducation, de religion, de partage et d’expérience humaine.

  3. l’église catholique devrait s’ouvrir à un évangile social en continu qui permettrait des profiter des expériences des pèlerins, des paroissiens et des collaborateurs catholiques.

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