Pèlerin au pays de la téranga – L’archevêque, la cuisinière et tous les autres

Vous souvenez-vous de Michel? Michel est celui avec lequel j’ai pris le large, il y a quelques semaines, le long d’un bras de mer près de Sokone, une commune de l’ouest du Sénégal, pour qu’il me raconte son histoire. Ça vous revient?

Même si ces escapades avec Michel seront entrecoupées de nombreuses autres activités, ce dernier sera mon principal compagnon de route lors de ce pèlerinage au pays de la téranga. Avec lui, je vivrai tel un Sérère, tant au quotidien qu’en famille, à Noël, et même lors du mariage prochain de sa fille Amandine. Avoir dansé avec eux m’a d’ailleurs valu le surnom Sérère blanc.

Depuis mon dernier billet, j’ai passé une semaine complète au campement Fadidi Niombato, un lieu touristique qu’il a fondé avec un ami français originaire de la Lorraine. Ensuite, j’ai visité quelques membres de sa famille, dont son frère aîné Bambou, à Ngane, son village natal. Si Michel Doudou – son prénom musulman – s’est converti au catholicisme, son frangin, lui, est resté musulman. Enfin, j’ai fait la connaissance d’Ignace, son cousin, son meilleur ami, son confident. Si ces rencontres m’ont permis de mieux connaitre Michel, de nombreuses escales seront encore nécessaires avant d’avoir traversé l’océan de sa vie.

Entretemps, j’ai accompagné l’abbé Nestor pendant deux dimanches alors qu’il célébrait des messes à Sibassor, puis à Ngane, deux petits villages situés à moins de 20 kilomètres de Kaolack où j’ai été reçu comme un des leurs. Tandis que les femmes vêtues de leur boubou aux couleurs flamboyantes et de leur coiffe minutieusement déposée sur leur chevelure d’ébène s’approchaient timidement pour m’offrir un sourire, les hommes, avec leur pantalon bouffant par-dessus lequel flottait une longue tunique soyeuse, me tendaient la main pour m’accueillir personnellement dans leur patelin. Quant aux enfants, aussi enjoués étaient-ils après la messe qu’ils étaient timides au début, défilaient devant moi faisant la pose pour que je capte leur joli minois en photos.

En plus de célébrer des messes chaque dimanche, l’abbé Nestor, chez qui je loge, est directeur de la Maison des Œuvres. En fait, cet organisme est la plaque tournante de l’apostolat des laïques du diocèse de Kaolack. Depuis mon arrivée, j’ai vu défiler, tour à tour, des membres de la Jeunesse étudiante catholique, des femmes de l’Union mondiale des Organisations des Femmes catholique, les jeunes Ouvriers catholiques, et combien d’autres.

À ces activités s’ajoutent la coordination des Journées mondiales des Jeunes Sénégalais (27 au 29 mars) et le pèlerinage diocésain (9-10 mai). Croyez-moi, l’abbé Nestor ne chôme pas!

Il agit également comme courroie de transmission entre les différentes personnes que je souhaite rencontrer dans le cadre de mon travail de journaliste. Par exemple, il prépare actuellement des rendez-vous avec Mgrs Martin Boucar Dine, évêque de Kaolack, et Benjamin Ndiaye, archevêque de Dakar.

Enfin, l’abbé Nestor m’a également introduit auprès du responsable diocésain des communications, l’abbé Christophe, pour la formation que je suis appelé à dispenser. Cette formation, répartie en trois sessions, a commencé le vendredi 13 décembre dernier. La première rencontre, dont le thème était l’Écriture journalistique, réunissait une vingtaine de laïques, une dizaine de prêtres et trois religieuses.

En guise d’introduction, j’ai tenu à partager ces paroles que le Pape François a exprimées au personnel du Dicastère pour la Communication, à savoir que, pour bien communiquer, il faut « se communiquer soi-même afin de transmettre le vrai, le juste, le bon et le beau, avec l’esprit, avec le cœur » en axant le message sur la relation. Ne pas chercher à devenir une vedette, mais un serviteur.

Aussi ai-je exprimé que les connaissances ne peuvent inspirer l’Autre sans être mises en pratique dans l’expérience. J’ai insisté sur le fait que les acteurs de la communication doivent être des témoins pour transmettre un message incarné. La communication ne commence-t-elle pas dans la vie de tous les jours avec ceux et celles qui nous entourent?

Alors, que dire de Monique la cuisinière, de Chantal la femme de ménage, d’Omar le gardien et de tous les autres que je croise ici et là et qui font de moi un pèlerin reconnaissant!

Image : Paysage sénégalais, Robert F. Lalonde (2019)

1 Comment

  1. il devrait y avoir des auberges de pèlerins qui permettraient de jumeler religion et tourisme.

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