Pèlerin au pays de la Téranga – À la rencontre de l’Autre

On ne nait pas pèlerin, on le devient et on décide chaque jour de poursuivre sa route.

Inspiré par la mission réalisée pour la publication du livre D’encre et de chair (Novalis, 2017) et certain que l’amour est dans la relation, j’entreprends un nouveau pèlerinage au Sénégal en décembre 2018. Rendu à destination, mon ami Jean-Baptiste, un frère Carme, m’attend tout souriant à l’aéroport de Dakar. Sa communauté m’hébergera dans la meilleure chambre de leur couvent, situé à Kaolack, ville frontalière de la Gambie située au centre-ouest du Sénégal. Grâce à l’apport de cet ami et de quelques autres, j’aurai l’occasion d’aller à la rencontre de l’Autre.

Et comme le besoin de l’humain est l’occasion de Dieu, cette expérience me permet de tisser des liens privilégiés avec des personnes d’exception qui m’enseignent l’hospitalité – c’est d’ailleurs ce que signifie le mot wolof « Téranga » –, la solidarité et la simplicité. Parmi ces personnes, Michel, un Sénégalais musulman converti au catholicisme. Soutenu par sa foi profonde en la Vierge Marie qui l’assiste – comme il aime le prétendre –, ce laïque donne la vie en faisant naître divers projets dont profitent les habitants tant musulmans que chrétiens de la région de Kaolack.

La confiance manifeste qui l’habite en imaginant un nouveau défi à relever ressemble à celle d’un enfant qui se lance dans les bras tendus de sa mère. Après une entrevue de plus d’une heure avec cet homme dont la fécondité n’a d’égal que le sens de l’initiative, je découvre un véritable temple vivant dont la notoriété est bâtie sur le roc, grâce à son altruisme. Son histoire singulière transmet un message d’espoir auprès de ceux qui pensent que la foi est une grâce réservée aux bien portants.

Début avril 2019, je reviens auprès des miens. Une fois mon expérience racontée, on me demande si j’écrirai un nouveau livre. Bien qu’il me semble sentir un embryon à l’intérieur de moi, je ne puis dire s’il s’agit de celui d’un livre ou d’une nouvelle mission. Aujourd’hui, je ne m’empresse plus, j’attends que Dieu souffle dans mon gouvernail.

Deux mois plus tard, je sens une brise légère murmurer à mon oreille. Une phrase de Michel en est la source : « Si j’avais du talent pour écrire, j’aimerais transmettre mes expériences pour contribuer à l’avenir du pays. » Je décide de communiquer avec Michel. Étonné de mon appel, il s’enthousiasme tant à l’idée de raconter son histoire qu’il est prêt à s’embarquer avec moi dans cette galère qui nous mènera Dieu sait où. Chose certaine, nous nous entendons pour ramer côte à côte pour y arriver.

Et c’est la semaine dernière que nous avons pris le large, quelques jours après que le puissant souffle de Dieu m’eut ramené au Sénégal.

Mais auparavant, j’aurai dû rencontrer l’abbé Nestor pour fixer une réunion afin de nous entendre quant aux dispositions à prendre pour réaliser le mandat qu’il m’avait confié, à savoir celui de dispenser une formation en communication pour les prêtres, les religieux et religieuses ainsi que les agents pastoraux du diocèse de Kaolack. Cette formation débutera d’ailleurs au moment où vous lirez ces lignes.

D’ici là, j’aurai cependant lunché avec Mgr Martin Boucar Tine ainsi qu’avec madame Brigitte Traoré, la responsable de l’organisme Claire Amitié Kaolack. Fondé par madame Thérèse Cornille en 1946, cet organisme a pour mission l’insertion sociale et professionnelle de jeunes filles et jeunes femmes parmi les moins favorisées et, souvent, déscolarisées.

Ajoutez à cela qu’à peine arrivé à Dakar, on m’avait invité à célébrer le premier anniversaire de l’ordination de Mgr Martin Boucar Tine, à Passy. C’est d’ailleurs ainsi que j’aurai retrouvé mes amis sénégalais. Et quelles retrouvailles!

Ah oui, le soir de cette même journée, j’ai aussi été invité au 2e anniversaire de l’ordination de quatre prêtres du diocèse de Kaolack! C’est que voyez-vous, les Sénégalais aiment beaucoup fêter. Et ne pensez même pas refuser une invitation, ils pourraient se vexer…

Image : C’est la fête!, Robert F. Lalonde (2019)

5 Comments

  1. il devrait exister un vrai parcours pèlerin parrainer par l’église catholique qui servirait d’apport éducatif, touristique et religieux.

  2. un peu comme des voyages humanitaires, il y aurait peut être toute une culture chrétienne à partager.

  3. l’église devrait offrir une rétroaction de ces voyages pèlerins et des changements que cela apportent dans la vie des gens.

  4. il devrait y avoir du pèlerinage à la rencontre de soi qui serait moins difficile que d’aller à la rencontre de l’autre.

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