Patrimoines d’exception — Église de la Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie

Il arrive parfois que certains lieux d’un âge vénérable tombent dans un oubli relatif. Ce qu’ils représentent est peut-être moins connu par la plupart des gens, ou encore, le poids des années cache leur beauté intérieure. C’est ce que l’on appelle des perles cachées. Je crois que le lieu de culte dont je souhaite vous parler aujourd’hui se qualifie dans cette catégorie. Il s’agit de la plus vieille église du diocèse de Montréal, et l’une des plus anciennes du Québec.

Maintenant connue sous le nom de Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie, il s’agit de la première église de la seigneurie de Repentigny, construite dans une paroisse alors nommée Notre-Dame de l’Assomption de Repentigny, qui a été érigée canoniquement en 1684. Bien entendu, le bâtiment actuel ne date pas d’aussi longtemps… mais presque! En effet, après une première église en bois probablement érigée en 1702, les habitants de Repentigny se dotèrent de l’actuel bâtiment en pierre, dont la construction était terminée en 1725.

Originellement, l’église se présentait avec un plan en croix latine, une abside polygonale à cinq côtés – typique de l’architecture religieuse du régime français – et un seul clocher en façade. C’était un bâtiment plutôt petit qui ne mesurait qu’environ 25 m de long. Cependant, d’importants travaux d’agrandissements, menés de 1850 à 1852 par les entrepreneurs Élie Brien et Louis Guéret, ont grandement modifié l’apparence de l’église.

En effet, on élargit alors le bâtiment en étirant les transepts, changeant ainsi le plan en croix latine en un volume rectangulaire. La façade fut également allongée de 6 m et on remplaça le clocher unique par deux tours situées de part et autre de l’entrée principale. Malgré les agrandissements, on préserva les murs bas et le toit à angle très aigu, deux autres éléments caractéristiques de l’architecture religieuse du régime français.

Mais pourquoi parle-t-on d’une perle cachée dans le cas de cette église? C’est que, malgré son emplacement au cœur même de l’ancien village de Repentingy, le bâtiment est orienté d’une curieuse de manière. En effet, plutôt que de faire face au fleuve Saint-Laurent (et à la rue Notre-Dame qui le longe), l’église est orientée vers l’ouest, donc parallèlement au cours d’eau. Lorsqu’on ajoute à cela une haie, des arbres matures et un voisinage commercial plutôt envahissant, il peut être difficile de bien admirer l’église sans pénétrer sur son terrain.

Les habitués de cette chronique auront peut-être remarqué que je n’ai pas parlé du décor intérieur de l’église. En effet, son décor original, qui avait été enrichi lors de l’agrandissement du milieu du 19e siècle, a été presque complètement consumé par un incendie survenu le 12 octobre 1984. Heureusement, l’église avait été classée en 1978, si bien qu’une importante restauration du bâtiment eut lieu jusqu’en 1994. On a cherché à reproduire une atmosphère « église du 19e siècle » avec de nouveaux vitraux, du mobilier, un orgue ainsi que de nouvelles sculptures, mais ce ne sont pas là les ornements originaux.

Vous le voyez bien, l’église de la Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie est un bâtiment exceptionnel et au passé turbulent, mais qui est peu connu du grand public. Il vaut cependant la peine, dans le contexte actuel où l’on est encouragé à voyager chez nous plutôt qu’à l’étranger, de découvrir ces perles cachées qui jalonnent notre territoire.

Appel à tous : N’hésitez pas à m’écrire au simon.maltais@novalis.ca afin de me suggérer d’autres lieux exceptionnels du patrimoine religieux québécois ou canadien.

Image : Église de la purification de la Bienheureuse Vierge Marie de Repentigny, Alain Quevillon (2011)

4 Comments

  1. Je ne crois pas qu’il faille s’étonner de l’orientation de l’église. Elle est située de façon à ce que, lorsque le prêtre célébrait la messe selon l’ancien rite, il était tourné vers l’orient où est censé se lever le Soleil divin à la fin des temps. C’est le cas de la majorité des églises anciennes.

    • Bonjour!

      Vous avez probablement raison. Cette explication m’a échappé, mais, en rétrospective, elle me semble évidente.
      Merci pour votre contribution à ce billet!

  2. Entre le patrimoine d’exception et l’église du dimanche, il devrait y avoir un patrimoine personnel ouvert pour tous les athées, pratiquants occasionnels et les purs et durs pour les fêtes, mariages, halloween, noêl.

  3. Une prière toute simple et invocation à répéter sans cesse : *J*É*S*U*S* . Cela suffit pour obtenir la paix et la grâce désirée. Au coucher et au lever et a tout autre moment cette invocation porte beaucoup de fruits. Essayez-là !

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