Patrimoines d’exception – Cathédrale Saint-Joseph de Burlington

Au cours du 19e siècle, de nombreux francophones ont quitté les territoires de la couronne britannique avec l’espoir de trouver une vie meilleure dans ce nouveau pays qu’étaient alors les États-Unis d’Amérique. La migration, qui s’est accentuée après les « troubles » de 1837-1838, a mené presque un million de Canadiens francophones — une véritable saignée — à traverser la frontière, amenant avec eux… leur religion ! C’est donc sans surprise qu’on retrouve en Nouvelle-Angleterre plusieurs églises catholiques construites pour desservir les besoins spirituels des exilés.

C’est le cas entre autres de la cathédrale Saint-Joseph de Burlington qui se targue encore de nos jours d’être la plus vieille paroisse « nationale » de Nouvelle-Angleterre, c’est-à-dire celle des Canadiens français. Maintenant siège du diocèse de Burlington — qui correspond à l’ensemble de l’état du Vermont —, cette église est un excellent témoin de cette migration dont les conséquences pour notre histoire se font encore ressentir.

Si des francophones ont habité dans l’ensemble de la région du lac Champlain jusqu’à la fin de la Nouvelle-France, leur nombre s’est grandement accru au tournant du 19e siècle, si bien qu’en 1830, il devenait urgent d’établir un lieu de culte adéquat pour les catholiques de la région de Burlington. Malgré la construction rapide d’une première église, bâtie en 1832, les problèmes des catholiques n’étaient pas entièrement réglés. En effet, la paroisse accueillait des Canadiens français et des Irlandais, deux groupes qui, bien que partageant la même religion, avaient une langue et une culture bien différente.

Au cours des années 1840, Mgr Ignace Bourget, alors évêque de Montréal, s’est attelé à la tâche de fournir aux expatriés les moyens d’avoir leur propre lieu de culte. Un premier édifice en brique, dédié à Saint-Joseph, fut prêt en 1850, bien qu’il faille attendre encore sept ans avant que la décoration intérieure soit complétée. Cependant, avec l’afflux constant de nouveaux arrivants, l’église devint rapidement trop petite et désuète pour la communauté des Canadiens français.

La première église fut donc remplacée par l’édifice actuel au courant des années 1880. Celui-ci a été conçu par le père Joseph Michaud, un architecte autodidacte de Montréal. L’église a des dimensions impressionnantes, permettant d’accueillir plus de 1200 personnes, ce qui fait d’elle le plus grand édifice de tout le Vermont.

Construite en grande partie par les paroissiens, la cathédrale Saint-Joseph possède une imposante façade en grès rouge typique de sa région. Cependant, on peut y trouver des similitudes à la basilique Saint-Pierre de Rome par la forme de son clocher et son plan aurait été fortement influencé par celui de la chapelle royale de Versailles. Son intérieur, quant à lui, était à l’origine inspiré par le style baroque. Affadi par une malencontreuse rénovation dans les années 1920, il a été restauré dans toute sa splendeur par des travaux effectués en 2001.

L’histoire ne dit pas quand cette paroisse francophone de Burlington a cessé de parler principalement la langue qui l’a vue naître. Comme survivance, on peut y suivre une messe en français environ une fois par mois. Cependant, le dévouement qui a mené à sa construction est toujours présent, si on en croit l’importance que cette église a encore pour sa communauté. Après tout, elle n’a été désignée comme co-cathédrale qu’en 1999, puis seule cathédrale du diocèse en 2018. Elle reste donc l’une des traces de l’exode des Canadiens français au pays de l’oncle Sam.

Appel à tous : N’hésitez pas à m’écrire au simon.maltais@novalis.ca afin de me suggérer d’autres lieux exceptionnels du patrimoine religieux québécois ou canadien.

Image : St. Joseph Cathedral, Burlington, VT, Andrew Masi (2019)

13 Comments

  1. Le père Joseph Michaud était un Clerc de Saint-Viateur qui était allé à Rome en tant qu’aumônier d’un régiment de zouaves pontificaux. Il en profita pour esquisser les plans de la basilique Saint-Pierre, plans qui servirent à la conception de la cathédrale de Montréal, à la demande de Mgr Bourget. Ces plans furent complétés par le célèbre architecte Victor Bourgeau, à qui nous devons plusieurs édifices religieux importants, notamment la décoration intérieure de l’église Notre-Dame de Montréal, décoration qui fut terminée après la mort de Bourgeau.

  2. Bonjour! Vous avez tout à fait raison. Je n’ai pas fait le lien dans mon article, mais c’est effectivement le même clerc. Il est intéressant de voir que son voyage à Rome l’a inspiré pour plus d’un lieu de culte, bien que pour la cathédrale Saint-Joseph de Burlington, l’influence reste très modeste, surtout à comparer de Marie-Reine-du-Monde.

  3. il faudrait se servir des églises à d’autres fins que le culte catholique.

  4. il faudrait convertir de si belle église en centre vivant et vivifiant pour tous les goûts catholiques.

  5. il faudrait utiliser ces patrimoines d’exception à des fins de journée de dieu, journée de jésus et journée des saints.

  6. outre l’aspect visuel, il faudrait pousser plus loin l’utilisation, l’aménagement ou le décor de ces œuvres historiques.

  7. que cela soit par la messe, l’introspection ou l’animation, l’église devrait trouver un moyen pour les paroissiens de visiter ces lieux pour se cultiver ou de spiritualiser.

  8. de moise à jésus en passant par l’intercession aux rois mages, l’église catholique devrait se doter d’un patrimoine qui intègre et relie toutes les dates et les prophètes importants.

  9. l’église doit pousser plus loin l’exceptionnel avec un aménagement d’exception, une pastorale d’exception et une chorale d’exception.

  10. au lieu de focaliser sur l’aspect physique d’une église ou d’une cathédrale, l’église catholique devrait bâtir un vrai régime religieux à base de paroles, d’aliments et d’activités.

  11. au lieu de réserver des patrimoines d’exception à des cultes temporaires, certaines églises devraient être converties en abbayes ou en refuge religieux.

  12. l’église catholique devrait réserver un espace de prière pour de la prière locale et personnelle.

  13. l’église catholique devrait fournir un vrai rituel d’encens pour tenter de calmer les esprits et favoriser la prière.

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