Église Saint-Jérôme de Matane

Je l’ai probablement déjà mentionné dans un billet précédent, mais je trouve que le patrimoine religieux est un sujet bonbon, c’est-à-dire qu’il plait à presque tous. Pour les personnes qui accordent un minimum d’intérêt pour la religion, l’importance de sa préservation va presque de soi. Qui, en effet, est contre la vertu? Cependant, lorsque la charge du maintien en activité d’un lieu de culte devient trop lourde et qu’il faut songer à s’en départir, cette belle entente peut être mise à mal. En fait, c’est souvent là que les affaires se corsent. J’aimerais vous parler ici du cas de l’église Saint-Jérôme de Matane.

À plusieurs égards, l’histoire de cette église ressemble à celle de tant d’autres au Québec. La paroisse Saint-Jérôme de Matane a d’abord été une mission du diocèse de Rimouski de 1790 à 1861. Afin de répondre aux besoins spirituels de la population, on construisit sur le site de l’actuelle église, soit juste à l’ouest de l’embouchure de la rivière Matane, une chapelle en 1822. Cette dernière sera remplacée dès 1858 par une première église en pierre qui fut endommagée par la foudre quelques années plus tard, en 1871.

Malgré ce revers, les paroissiens démolirent ce premier bâtiment pour faire place à une deuxième église. Bénite en 1887, elle sera restaurée et agrandie dès 1906. Le malheur frappa cependant à nouveau alors qu’un incendie ravagea l’église en 1932. Qu’à cela ne tienne, on l’a rebâtie en 1934, sous la forme qu’on lui connaît de nos jours.

Pour l’époque, l’église Saint-Jérôme de Matane était exceptionnelle à plusieurs égards. De style Dom Bellot, sa façade se caractérise par ses trois tours de pierres non-surmontées d’une flèche qui lui donne l’apparence d’un château-fort. Le clocher, pour sa part, est décoré de formes de croix creuses ou en relief. Mais une bonne part de la modernité de cette église se trouve à l’intérieur. En effet, celui-ci se distingue par le dépouillement de sa décoration, par les arches de béton qui soutiennent la voûte ainsi que par une croix de néon installée sur cette dernière.

Le décor intérieur, aménagé lors de la construction de l’église, a entièrement été réalisé par le peintre Lucien Martial de l’école des Beaux-Arts. Il comprenait à l’époque un chemin de croix, la verrière absidale et les peintures murales. Ces dernières furent remplacées lors du réaménagement du chœur, en 1960, par des mosaïques de marbre illustrant des sujets religieux. Enfin, l’église Saint-Jérôme de Matane fait partie d’un ensemble qui comprend un parc, un ancien couvent et un presbytère de style Second Empire qui date de la construction du deuxième bâtiment.

Malheureusement, la réalité démographique de la Gaspésie n’a pas été tendre pour les lieux de culte de Matane. Après la vente des églises de Saint-Victor et du Bon-Pasteur en 2014 et 2016, c’est au tour de l’église Saint-Jérôme d’être fermée au culte en 2018 malgré la fusion des paroisses locales. Si son sort final reste incertain, les habitants de Matane ont deux exemples concrets de ce qui pourra arriver à l’église Saint-Jérôme. D’un côté, la reconversion de celle du Bon-Pasteur en locaux pour la Société d’histoire et de généalogie de Matane a été un franc succès. Mais de l’autre, l’église Saint-Victor reste à l’abandon depuis sa fermeture au culte.

Qu’arrivera-t-il alors à l’église Saint-Jérôme de Matane? Malheureusement, si tout le monde cherche à sauver le bâtiment, on ne s’entend pas sur le projet à retenir. La Fabrique voudrait que la Ville l’acquière pour concrétiser son projet de salle de spectacle, mais cette dernière refuse de s’engager dans cette aventure sans l’appui du milieu culturel. Le comité de sauvegarde de l’église, quant à lui, étudie la possibilité d’y implanter des serres verticales qui favoriseraient l’agriculture locale et fourniraient du chauffage au bâtiment tout en ne nuisant pas à son caractère patrimonial.

De part et autres, les intentions sont louables et l’objectif est le même. Mais quel projet sera retenu? Et, surtout, se concrétisera-t-il à temps pour sauver l’église? Mince consolation, le presbytère, quant à lui, est déjà bien protégé, car il a été inscrit au répertoire des lieux patrimoniaux du Canada dès 2004, assurant ainsi une certaine stabilité de l’ancien noyau villageois de Matane.

Appel à tous : N’hésitez pas à m’écrire au simon.maltais@novalis.ca afin de me suggérer d’autres lieux exceptionnels du patrimoine religieux québécois ou canadien.

Source : Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ), Inventaire des lieux de culte du Québec (2003)

Image : Église de Saint-Jérôme-de-Matane, avenue Saint-Jérôme, Matane, Jeangagnon (2015)

17 Comments

  1. plutôt qu’une église vouée au culte de jésus christ, nous devrions avoir une église vouée au culte des saints dont les accomplissements et les enseignements sont tout aussi louables.

  2. plutôt que d’offrir la parole à des personnes qui ne pratiquent pas, nous devrions pratiquer un modèle pour devenir le saint des saints, le jésus des jésus et le dieu des dieux.

  3. cela serait plus consciencieux de construire une cité catholique que d’ouvrir des crèmeries dans le grand nord avec des laiques et des athées.

  4. plutôt que d’aller à la messe une fois par semaine et que le tout soit oublié après la messe, il faudrait trouver un moyen de se bloguer sur dieu par la parole, le chant, la famille, l’internet de manière permanente.

  5. outre la croix, la parole et le feuillet paroissial, nous devrions travailler sur un objet de culte catholique doté de pouvoir d’esprit, de sang et de corps dont les chrétiens pourraient s’abreuver et de référer.

  6. une chose qui est à comprendre est que nous sommes pas au temps des moissons, des pèlerins, des dictatures et phases lunaires.

  7. tout le monde connaît l’histoire de l’arche de noé, de la multiplication des pains et de la résurrection, mais pour le reste c’est le flou total autant du point de vue des connaissances que de l’utilité dans la vie des gens.

  8. on entend souvent parler de l’esprit sain, mais il manque le corps sain et le cercle sain.

  9. c’est une évidence de dire qu’il faut de la bonté, de la charité, de la gentillesse, de l’altruisme, mais encore faut-il avoir les outils catholiques pour les atteindre.

  10. cela ne paraît pas, mais il y a très peu de bonnes histoires dans la bible, cela commence mal et cela finit mal.

  11. dieu n’est pas un humain et arrêtez de lui demander du pain, des jeux, de la miséricorde et de la paix.

  12. soit l’église continue de couper dans le gras, soit l’église réussie à s’unifier avec dieu.

  13. l’esprit sain pourrait apparaître en se servant de la semence de jésus, supplémentant de l’apport des saints et en validant avec des volontaires.

  14. nous n’aurons pas la paix si on ferme des églises, nous devrions trouver des vocations aux églises pour les utiliser à bon escient.

  15. on devrait peut être convertir les églises en résidence catholique ou en auberge des missionnaires.

  16. il devrait y avoir des concours catholiques comme la plus belle église, la plus belle paroisse, le meilleur curé, la meilleure messe.

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