La fin d’une époque

Il y a un mois, nous nous pensions encore invulnérables. Oui, la situation en Chine semblait dramatique, mais c’était si loin, si… statistique. Puis le nombre de cas ailleurs dans le monde a explosé. Et l’épidémie a commencé à se propager chez nous, dans nos communautés. Bienvenue dans l’ère de la COVID-19!

Cette semaine, j’éprouve un sentiment similaire à celui que j’avais au lendemain du 11 septembre 2001. Nous étions nombreux, dans ces jours-là, à avoir l’impression de voir l’histoire se dérouler sous nos yeux. Et à avoir le sentiment, parfois diffus, que le monde ne serait plus jamais comme avant. Comparer cette tragédie à la crise sanitaire que nous vivons est-il illusoire? Je ne pense pas.

Des sociétés en mutation

D’abord, parce que cette crise met en lumière les fragilités de nos sociétés. Au-delà de nos systèmes de santé qui peinent sous l’afflux des malades, ce sont toutes nos façons d’être et de vivre en société qui sont remises en question. La fameuse distanciation sociale dont on fait présentement l’éloge (avec raison) persistera-t-elle au-delà de la crise? Quel effet cela aurait-il sur l’isolement, l’un des fléaux de notre ère hyperconnectée?

Ensuite, parce que les liens qui unissent nos sociétés sont distendus par la crise. Le système financier mondial trébuche et les frontières se ferment. Depuis ce fameux 11 septembre, il devient de plus en plus évident que nos modèles économiques et diplomatiques mondialisés ne parviennent toujours pas à assurer une meilleure redistribution des richesses et une plus grande harmonie entre les peuples. Au lendemain de la pandémie, comment réapprendrons-nous collectivement à nous faire confiance les uns les autres?

L’espoir malgré tout

Cela dit, tout n’est pas sombre en cette nouvelle ère. Le ralentissement du rythme de nos vies, rendu inévitable par les mesures d’isolement volontaire ou imposé, plaira sûrement à plus d’un. Et la mise en place de dispositions facilitant le télétravail permet assurément une conciliation travail-famille plus harmonieuse. Espérons que ce rythme plus lent, plus humain, favorisera le mieux-être et aidera à contrer l’individualisme de nos sociétés modernes.

Aussi, malgré certains désaccords, la communauté internationale est plutôt bien parvenue à travailler de concert pour ralentir la progression de la pandémie. C’est de bon augure pour l’avenir, car l’autre grand défi de notre époque, la crise climatique, demandera une collaboration interétatique encore plus importante. Nous en avons la preuve sous nos yeux, le ralentissement de l’activité économique a un effet bénéfique sur le contrôle de notre empreinte sur le climat. Espérons que nous saurons travailler ensemble à relancer nos économies sans pour autant oublier cet enjeu central.

Et l’Autre dans tout ça?

À ce que l’on voit dans les derniers jours, paradoxalement, c’est lorsque cela devient dangereux de se rassembler que nous avons le plus envie de nous rapprocher des autres. C’est une réaction instinctive, inscrite au plus profond de nous : devant l’adversité, nous mettons de côté ce qui nous divise, et nous cherchons ce qui nous rassemble.

Cette pandémie de la COVID-19 passera sûrement à l’histoire, soit. Mais c’est à nous qu’il revient de faire en sorte qu’on s’en souviendra comme un moment qui a fait ressortir ce qu’il y a de mieux dans l’humanité. Il ne tient qu’à nous de faire de cette crise un tremplin vers un monde plus juste, à l’image des convictions qui nous animent.

Pour ma part, je profite pleinement de ce temps de travail à la maison pour rester auprès de ma famille. Mais mes pensées sont constamment tournées vers les malades, leurs proches et le personnel soignant si dévoué qui n’hésite pas à mettre sa santé en péril pour s’occuper des autres. Que cette souffrance ne soit pas vaine et que nous en sortions grandis… et plus humains!

Image : Reception on the tongue, Michael Swan (2020)

7 Comments

  1. au lieu de fermer des églises, l’église catholique devrait convertir les églises en hôpital des humains pour traiter les causes, les souffrances et les différentes maladies qui circulent sous différentes formes.

  2. plutôt que d’être entouré de personnes malades, dépressives et teigneuses, l’église catholique devrait se doter d’une actuaéglise qui viendrait fortifier le message du christ.

  3. il devrait y avoir un troisième testament qui viendrait réformer l’esprit sain et chasser les esprits impurs qui polluent la vie, les médias et les médias sociaux, car cela fait longtemps que le purrell n’est pas suffisant pour chasser la grosse graisse.

  4. c’est certain que si le ciel n’est pas beau et que la terre n’est pas bonne, l’humain entre les deux va en souffrir.

  5. que l’on ouvre les forges de la vie avant que le confinement ne vient à bout de la communauté

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