Élections fédérales 2019: la santé

D’une élection à l’autre, le thème de la santé est d’une grande importance pour de nombreux électeurs. Au Canada, nous avons la chance d’avoir accès à un système de santé universel depuis plusieurs décennies. Bien que l’on puisse légitimement remettre en question certains aspects de sa gestion, c’est un acquis qui fait généralement l’unanimité. Alors, que pouvons-nous attendre de ces élections concernant le thème de la santé ?

Tout d’abord, les soins de santé sont au cœur de l’activité chrétienne depuis ses débuts. Les évangiles présentent une grande variété de récits mettant en scène Jésus secourant des personnes malades, handicapées ou ravagées par la faim. C’est là le cœur de l’activité sociale de l’Église qui, depuis des siècles, a organisé les soins de santé partout dans le monde, fondant et administrant des dispensaires, des centres de soins et même des hôpitaux.

La santé constitue le noyau dur de l’implication sociale chrétienne, soit. Mais, dans notre contexte où l’activité de l’État canadien s’harmonise si bien avec cette mission de l’Église, sous quels aspects la santé est-elle encore un enjeu ?

D’abord, il y a la question de l’application de l’universalité du système de santé. En effet, certaines communautés peinent à recevoir des soins ou doivent parcourir de longues distances pour ce faire. Et cette situation n’est pas limitée aux seuls territoires nordiques où la population est moins dense. Avoir le droit de recevoir des soins est une chose, mais s’en prévaloir en est une autre.

Ensuite, le coût des médicaments peut être un problème pour ceux et celles qui souffrent de maladies chroniques. Chacune des provinces et des territoires apportent un certain soutien à cet égard, mais le Québec fait figure de pionnier au Canada en offrant un régime universel d’assurance-médicaments. Le dernier gouvernement fédéral comptait se pencher sur cette question, et œuvrait, à terme, à implanter un régime national.

Par ailleurs, certaines populations nécessitent une aide plus importante de la part de l’ensemble de la société. Pensons aux personnes souffrant d’un handicap, qu’il soit physique ou mental, qui ont les mêmes droits que les autres citoyens. S’assurer du respect de ces mêmes droits pour faire en sorte que ces personnes ne se retrouvent pas en marge de la société s’accorde très bien avec les exhortations du pape François à se préoccuper des périphéries.

Enfin, la population canadienne est vieillissante, entre autres à cause de l’allongement de l’espérance de vie. Au-delà du poids supplémentaire que cette situation fait porter sur notre système de santé, il faut veiller au bien-être des aînés, et ce, jusqu’à la fin de leur vie. Il s’agit ici bien sûr de leur prodiguer des soins, mais aussi de chercher à briser leur isolement et à voir à ce qu’ils ne vivent pas dans la pauvreté.

Toutes ces pratiques s’accordent parfaitement avec la mission sociale traditionnelle de l’Église et correspondent au bien commun. L’enjeu lors de ces élections sera donc non seulement de préserver ces acquis, mais aussi de les renforcer afin de combattre les inégalités qui subsistent en notre pays. Le bien-être physique et mental, la capacité de bien se nourrir et la sécurité sont des droits inaliénables des personnes. Veillons à ce que notre prochain gouvernement ne l’oublie pas.

Image : Sarlat-La-Canéda: Centre hospitalier sous tension, Force Ouvrière (2013)

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