Élections fédérales 2019: l’environnement

En cette journée d’élections, toutes les communautés chrétiennes devraient lire Laudato si’ et y trouver leur inspiration. D’autant plus que cette lettre encyclique du pape François ne s’adresse pas seulement aux évêques et aux catholiques, comme c’est la coutume, mais à tous les humains. Tout chrétien devrait être particulièrement sensible à l’urgence qu’elle exprime de répondre au cri de la terre et à celui des pauvres qu’elle juge indissociables.

La terre est notre maison commune, insiste Laudato si’. Mais nous agissons d’une manière qui détruit notre situation relationnelle à l’environnement et aux autres, et surtout aux plus vulnérables de notre société. La crise sociale et environnementale ne trouvera de solution que dans une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus et pour préserver la nature (no 139).

Les initiatives individuelles, familiales et communautaires sont modestes, mais quand même significatives: choisir des produits durables et équitables, réduire nos déchets, opter pour la simplicité volontaire ont un impact positif. Ces gestes sont les premiers pas vers la conversion écologique et l’élan spirituel qu’il faudra pour sauver notre planète.

Voter pour un candidat qui a le souci de la prochaine génération et qui promet donc d’engager notre pays dans des choix politiques et économiques qui protégeront durablement l’environnement est une autre manière de prendre soin de notre maison commune, la terre.

Voici ce que la doctrine sociale de l’Église nous dit et, pour conclure, trois citations du pape François qui nous donnent à penser.

Protéger l’environnement, c’est notamment :

  • mettre en œuvre des pratiques de gestion environnementale responsables;
  • respecter les accords internationaux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre;
  • réduire notre dépendance aux combustibles fossiles;
  • prendre des mesures pour enrayer la pollution urbaine;
  • introduire des modes de transport moins nuisibles à la santé des citoyens et à
  • l’environnement;
  • encourager les entreprises à investir dans les énergies renouvelables et l’efficacité
  • énergétique;
  • exploiter les ressources naturelles sans nuire à la qualité de vie des communautés;
  • considérer l’eau comme une ressource essentielle et prendre les mesures nécessaires pour la protéger;
  • léguer aux prochaines générations un environnement viable et sain.

Qu’en disent les partis politiques? Qu’en pensent les candidats?

(CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES  CATHOLIQUES DU CANADA, Guide des élections fédérales – 2015. Faire entendre sa voix.)

Je crois que François est l’exemple par excellence de la protection de ce qui est faible et d’une écologie intégrale, vécue avec joie et authenticité. C’est le saint patron de tous ceux qui étudient et travaillent autour de l’écologie, aimé aussi par beaucoup de personnes qui ne sont pas chrétiennes. Il a manifesté une attention particulière envers la création de Dieu ainsi qu’envers les pauvres et les abandonnés. Il aimait et était aimé pour sa joie, pour son généreux engagement et pour son cœur universel. C’était un mystique et un pèlerin qui vivait avec simplicité et dans une merveilleuse harmonie avec Dieu, avec les autres, avec la nature et avec lui-même. En lui, on voit jusqu’à quel point sont inséparables la préoccupation pour la nature, la justice envers les pauvres, l’engagement pour la société et la paix intérieure.

(Laudato si’ no 10)

L’humanité est appelée à prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation, pour combattre ce réchauffement ou, tout au moins, les causes humaines qui le provoquent ou l’accentuent […] Cela est renforcé en particulier par le modèle de développement reposant sur l’utilisation intensive de combustibles fossiles, qui constitue le cœur du système énergétique mondial. Le fait de changer de plus en plus les utilisations du sol, principalement la déforestation pour l’agriculture, a aussi des impacts.

(Laudato si’ no 23)

L’environnement humain et l’environnement naturel se dégradent ensemble, et nous ne pourrons pas affronter adéquatement la dégradation de l’environnement si nous ne prêtons pas attention aux causes qui sont en rapport avec la dégradation humaine et sociale. De fait, la détérioration de l’environnement et celle de la société affectent d’une manière spéciale les plus faibles de la planète : «Tant l’expérience commune de la vie ordinaire que l’investigation scientifique démontrent que ce sont les pauvres qui souffrent davantage des plus graves effets de toutes les agressions environnementales».

(Laudato si’ no 48)

Et maintenant, au terme de notre semaine de discernement, il nous reste à faire un geste simple mais nécessaire : voter.

Image: Nature, Thomas Sandrbo (2008)

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