Élections fédérales 2019: immigrants et réfugiés

Une réalité de notre histoire

Au cours de son histoire, la population du Canada s’est enrichie en raison de vagues successives d’immigration. Les moins jeunes d’entre nous se souviennent des boat people arrivés d’Asie dans les années 1970. Plus récemment, de nombreuses familles syriennes ont cherché refuge chez nous, fuyant la guerre civile dans leur pays. Nous avons une indéniable réputation d’accueil sur la scène internationale qui peut constituer pour nous une source de fierté.

Embûches, obstacles, problèmes…

Quelles que soient leurs motivations spécifiques, les gens qui demandent à être reçus chez nous désirent avant tout se donner un meilleur avenir. Ils arrivent ici avec leur bagage culturel, leurs compétences, leur formation, leur habileté qu’ils souhaitent mettre à contribution. Mais dans la réalité, tout n’est pas rose. Les obstacles ne manquent pas à leur intégration.

  • Beaucoup d’immigrants découvrent rapidement que le coût de la vie ici est bien supérieur à ce qu’ils avaient imaginé. L’accès au marché du travail n’est pas simple, notamment en raison de la langue. Pour subvenir à leurs besoins les plus élémentaires, plusieurs doivent accepter des emplois précaires, avec peu d’avantages sociaux.
  • Les immigrants qui s’installent au Canada de façon provisoire sont encore plus vulnérables. En raison de leur statut temporaire, ils sont moins bien protégés par les lois et bénéficient de mesures limitées sur le plan social. Ils sont parfois à la merci de leurs employeurs en ce qui concerne, par exemple, au logement et aux soins de santé. Certains sont carrément exploités et n’osent se manifester par crainte d’être expulsés du pays.
  • Les réfugiés quant à eux ont fui leur pays pour échapper à la violence, à l’exploitation, à l’oppression d’un régime politique ou plus généralement à des conditions de vie insupportables. De nombreuses paroisses et autres organisations se dévouent pour les accueillir et voient à faciliter leur installation parmi nous. Ce soutien est d’une importance capitale. Mais lorsque les programmes d’accompagnement arrivent à échéance, de multiples obstacles et problèmes peuvent surgir : choc post-traumatique, accès difficile à l’emploi en raison de la barrière linguistique – même pour des personnes hautement qualifiées –, manque de places en garderie – qui empêche des mères de suivre des cours par apprendre la langue d’usage…

En 2013, lors de son premier voyage à l’extérieur de Rome, dans l’île de Lampedusa, le pape François a lancé une mise en garde contre l’insensibilité à l’égard des populations migrantes. Il parlait même de «mondialisation de l’indifférence», un scandale à ses yeux. Une part de ces êtres humains, immigrants, migrants et réfugiés, fait désormais partie de notre réalité quotidienne. À l’approche du scrutin du 21 novembre prochain, prenons le temps de nous informer et de comparer les politiques et les mesures que chaque parti entend maintenir ou adopter pour cette tranche de notre population parmi les plus vulnérables.

Ce qu’en dit l’enseignement social de l’Église

J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli. (Matthieu 25, 35)

Notre défi c’est de créer une culture de la rencontre qui encourage les individus et les groupes à partager la richesse de leurs traditions et de leurs expériences, à abattre les murs et à construire des ponts. L’Église qui est en Amérique, comme ailleurs, est appelée à “sortir” de son environnement sûr et à être un ferment de communion. Communion entre nous, avec les autres chrétiens, et avec tous ceux qui cherchent un avenir d’espérance.

(Pape François, message aux évêques des États-Unis, 15 novembre 2016. Source: zenit.org)

Le progrès de nos peuples ne peut pas se mesurer seulement par le développement technologique ou économique […]. Il dépend surtout de la capacité de se laisser remuer et toucher par celui qui frappe à la porte.  Comme devient déserte et inhospitalière une ville quand elle perd la capacité de la compassion! Une société sans cœur… une mère stérile. (Pape François, message pour le mois de mai, 2 mai 2019. Source: zenit.org)

Le père Michael Czerny, sous-secrétaire de la section migrants et réfugiés du Dicastère pour le service du développement humain intégral, a […] appelé “une réponse chrétienne” à la réalité de “ne pas avoir de lieu où reposer sa tête” qui concerne “de nombreuses familles de réfugiés qui aujourd’hui se sentent rejetées et sans défense”. Le jésuite a averti : “ne pas avoir de toit” ne peut pas être la normalité. “Et comme chrétiens nous ne pouvons pas considérer cette anormalité seulement comme de la malchance… nous avons un devoir clair: l’Église est appelée à accompagner les migrants forcés et les réfugiés durant tout leur voyage, de la décision terriblement difficile de fuir, jusqu’au voyage, à l’arrivée pleine d’angoisse, à la lutte pour l’intégration et peut-être aussi à l’autre décision difficile de revenir sur sa terre.” (Intervention du Dicastère pour le service du développement humain intégral, 23 août 2018. Source: zenit.org)

Image: jailed illegal immigrants, Patrick Marioné (2014)

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