Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire

*** Ce texte a été originellement rédigé pour le magazine Rencontre du Centre culturel chrétien de Montréal et est publié sur notre blogue avec leur aimable accord. ***

Ces dernières années, s’il y a bien un thème récurrent dans l’Église catholique, c’est bien celui de la mission. On parle de plus en plus de l’Église en sortie et de la vocation de disciple-missionnaire, qui est partagée par l’ensemble des baptisés et baptisées. C’est donc sans surprise que le pape François nous a livré de nouvelles réflexions sur le sujet, réunies dans Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire : Être missionnaire dans le monde d’aujourd’hui (Novalis, 2020).

D’une certaine façon, on peut dire que ce petit livre d’entretien fait partie de la même collection que deux autres ouvrages parus chez Novalis, Quand vous priez, dites Notre Père (2018) et Je vous salue Marie (2019). Car la formule y est semblable : dans un entretien avec un intervenant — cette fois-ci Gianni Valente, journaliste et auteur de plusieurs essais sur les papes depuis Benoit XVI — le pape livre sa pensée sur un sujet dans un heureux mélange d’anecdotes personnelles et de réflexions profondes. C’est, sans contredit, l’une des plus belles façons d’apprendre à le côtoyer.

Le thème de ce nouveau titre est donc celui de la mission. Fidèle à ses habitudes, le pape l’aborde dans une perspective résolument humaniste. Selon lui, le plus important dans la mission n’est pas l’agir, mais plutôt l’être, le témoignage. D’où, donc, la place privilégiée qu’y prend l’Esprit saint, principal vecteur d’une communication vraie et sainte de l’Évangile. Être missionnaire n’est pas une affaire d’égo, mais plutôt celle d’un amour infini pour Dieu que l’on ne peut que partager.

On retrouve aussi dans ces réflexions le sens de l’équilibre du pape qui sait reconnaître les traits d’une approche disruptive de la mission. D’ailleurs, il fait bien attention de ne pas confondre mission et prosélytisme. Cette dernière approche ne respecte pas les individus dans leur expérience de vie personnelle et cherche à imposer une croyance plutôt qu’à partager une expérience vivifiante. L’inculturation est d’une importance capitale pour la mission.

Ces réflexions amènent naturellement le pape à dire qu’il n’existe pas de professionnels de la mission. Cet autre volet lui permet de dénoncer à nouveau le cléricalisme et de réaffirmer avec vigueur l’égalité de l’ensemble des baptisés. Dans ses réflexions, on voit donc bien qu’être missionnaire est surtout un état d’esprit, ou même un « style ». De là une approche plutôt intuitive du témoignage évangélique et un certain rejet d’une perspective plus stratégique.

Afin de vous faire goûter à la richesse de ces échanges, voici un court extrait de la pensée déployée par le pape :

[Les disciples] sont baptisés et l’Esprit saint leur donne le courage apostolique. Là, on voit pour la première fois que le baptême est suffisant pour annoncer l’Évangile. Voilà ce qu’est la mission. Elle est son œuvre. Il est inutile de s’agiter. Il ne sert à rien que nous organisions, que nous criions. Les trouvailles et les stratagèmes ne servent à rien. La seule chose nécessaire est de demander à refaire aujourd’hui l’expérience qui fait dire : « L’Esprit saint et nous-mêmes avons décidé. »

Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire est donc un livre d’entretien vivant et vivifiant qui nous amènent tous et toutes à développer notre propre « style » missionnaire. À nous donc de remettre le Christ au centre de nos préoccupations et à faire de lui le véritable artisan de notre fécondité dans le monde.

Image : “Jesus”, Mural Painted On The Back Alleyway Wall Of The Gospel Rescue Mission, Washington, DC, Gerald L. Campbell (2010)

9 Comments

  1. outre la messe le dimanche, l’église catholique devrait offrir plus de choix, plus de missions et plus de place aux pèlerins professionnels capables de partager des réflexions pour réveiller les consciences catholiques.

  2. entre dieu, moise, jésus et les prophètes, il doit y avoir un testament capable de montrer ce qu’on peut faire et la marche à suivre pour le faire.

  3. sans faire des choses aussi miraculeuses que jésus, il doit exister un plan, des moyens ou des ressources pour faire des choses dans une communauté, dans l’église catholique ou dans la papauté pour informer, convaincre ou tracer un chemin de vie.

  4. entre les choses que nous connaissons comme le carême, la transfiguration et l’intercession et les choses que nous avons comme l’église, l’imprimerie et la nourriture, il y aurait moyen de faire quelque chose pour rendre fier l’église catholique ou tous ceux et celles qui ont guidé le peuple vers l’esprit saint.

  5. au lieu de focaliser sur les milles et uns problèmes de la terre, il faudrait faire de la terre un véritable sion sans attendre le retour de jésus ou du père céleste.

  6. au lieu d’avoir une messe de mots, il devrait y avoir une théologie pratique, une théologie thérapeutique et une théologie thématique.

  7. il devrait y avoir une bible des prions en églises pour incorporer tous les chants, les messes et les homélies disponibles sous un même toit.

  8. au lieu d’avoir une église qui tente de garder sa vocation humaine tout en visant les exploits du christ sans jamais y parvenir, l’église catholique devrait se scinder en deux pour veiller aux occupations humaines et chercher à atteindre le niveau des saints, des prophètes, du christ, de dieux et des multitudes de créatures des cieux.

  9. outre le maigre jeûne, il devrait y avoir un jeûne des mauvaises nouvelles, des mauvaises langues et des réseaux sociaux.

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