Gratuite, mais toujours pertinente

Tout récemment, la revue Le Verbe a joué d’audace en changeant de modèle commercial : au lieu de tabler sur des abonnements payants, elle est maintenant offerte gratuitement, sur demande, et compte sur la générosité des dons de ses lecteurs et lectrices pour poursuivre sa mission. Si  l’on en croit l’éditorial d’Antoine Malenfant, l’audace paie jusqu’à présent, et c’est tant mieux, car cette revue, regroupant plusieurs jeunes acteurs de l’Église québécoise, prouve numéro après numéro sa grande pertinence.

Le numéro d’automne 2016 vient d’arriver, accompagné d’un petit frère de 20 pages distribué gratuitement dans plus de 700 points de chute – rien de moins ! Dans la revue principale, difficile de ne pas s’arrêter au magnifique texte de Valérie Roberge-Dion, la jeune auteure de Entre ciel et mère (Novalis, 2016), Son article, intitulé « Des poèmes et des perles », relate le cheminement de vie d’une femme trisomique de 38 ans, Roselyne. Un billet qu’il fait bon lire, tant en raison de Roselyne, lumineuse, que de l’approche fine, attentionnée de l’auteure.

Plusieurs autres articles valent le détour. C’est le cas, entre autres, de celui ayant pour titre « Le petit prophète du Centre-sud. Daniel Paradis, fondateur de Présence Compassion », signé Yves Casgrain. Il faut dire que je ne suis pas très objectif : ayant travaillé trois étés dans cet organisme venant en aide aux personnes itinérantes du centre-ville, je suis particulièrement sensible à tout ce qui peut jeter une lumière sur cette œuvre trop peu connue – et combien nécessaire !

Le court billet d’Yves Casgrain focalise sur le parcours de Daniel Paradis, et non sans raison, car le dynamisme évangélique de l’organisme s’alimente en grande partie dans la vocation singulière de son fondateur, déjà bien claire dans l’esprit de ce dernier alors qu’il n’avait que 16 ans.

Pendant mes trois étés aux côtés de Daniel Paradis, j’ai pu constater à quel point cet homme était respecté par les « gars », mais aussi les « filles », de la rue. Un tel respect, qui résiste aux nombreux refus que Daniel doit faire devant les demandes parfois peu raisonnables des personnes qu’il accueille ou rencontre, témoigne de la cohérence de vie de ce dernier, et du fait qu’il a su toujours rester juste. Car s’il y a bien quelque chose qui ne « passe pas » dans la rue, qui fait perdre toute crédibilité, c’est l’injustice. Tout comme le manque de constance.

Et justement, avec cette première édition gratuite de la revue, l’équipe du Verbe fait preuve d’une belle constance . Aucun des éléments qui en faisaient un périodique de qualité n’a été sacrifié. Au contraire, on a l’impression que ce produit culturel – et spirituel – se bonifie. Bref, on souhaite vivement que la générosité des lecteurs et lectrices ne se tarisse pas de sitôt.

Image: Victor Bezrukov, sandgiver (2008)

3 Comments

  1. MERCI Jonathan, un commentaire qui ne me laisse pas indifférente. Une belle publicité pour cette revue, espérant qu’elle soit reconnue après un long cheminement depuis….

  2. Merci Jonathan encore une fois pour cette belle recension! Je suis très contente de compter sur ton appui et de profiter de ton appréciation. C’est tout un honneur!

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