Entre l’arbre et l’écorce?

L’année dernière paraissait aux Éditions Novalis Demain l’Église, un ouvrage qui donnait la parole à seize laïques québécois afin qu’ils témoignent de l’espérance qui les habite. Malgré la divergence des points de vue, l’ensemble présentait une vision qui laissait voir une certaine harmonie entre les contributions. Cette année, nous avons décidé de tenter à nouveau l’aventure en demandant aux auteurs de témoigner de leur rapport à la fidélité et à l’obéissance en Église. J’aimerais vous présenter le résultat : Entre l’arbre et l’écorce ? Fidélité et obéissance dans l’Église d’aujourd’hui (Novalis, 2020).

Un mot d’abord sur le thème. Pour plusieurs de nos contemporains, la foi ne va pas de soi. Ils regardent l’Église – l’institution – et s’interrogent sur ses prises de position. Et ils se demandent quelles sont les raisons qui poussent tant de gens dans le monde à adhérer la foi chrétienne. Ces questions, loin d’être l’apanage des non-chrétiens, habitent le cœur de bien des croyants. En effet, le doute est partie intégrante de la foi. Ainsi se pose l’épineuse question de la fidélité à l’Église. Et son pendant tout aussi périlleux, celui de l’obéissance.

Car, il faut le dire, la fidélité n’est plus une idée d’une grande portée dans nos sociétés actuelles. Perçue tantôt comme dépassée, tantôt comme liberticide, elle s’efface bien souvent devant les impératifs du moment ou le désir de vivre sa vie pleinement, sans contraintes. Trop souvent, on l’oppose à la liberté, comme s’il était impossible de s’engager… librement !

À l’opposé, on accorde en Église une grande importance à la fidélité et à l’obéissance, cette dernière trouvant sa place dans la tradition catholique aux côtés de la pauvreté et de la chasteté, à titre d’un des trois conseils évangéliques. Cela n’a pas toujours été sans heurts, bien entendu, et il existe encore bien des milieux en Église où obéissance rime avec soumission.

Bien des catholiques vivent leur foi au cœur de cette tension, parfois tiraillés entre l’Église et la pensée moderne… et parfois non. D’où l’intérêt du témoignage de ces seize laïques engagés, chacun et chacune à sa manière, dans l’Église catholique au Québec. Dans cet ouvrage, les lecteurs retrouvent les contributions de Brigitte Bédard, Élaine Champagne, Louis Cornellier, Sabrina Di Matteo, Sébastien Doane, Jocelyn Girard, Laurence Godin-Tremblay, Jean Grou, Jonathan Guilbault, Chantal Jodoin, Alex La Salle, Marie-Claude Lalonde, Norman Lévesque, Antoine Malenfant, Sophie Tremblay et Philippe Vaillancourt.

Leur réponse à notre appel est, comme c’était le cas pour Demain l’Église, d’une grande variété, mais aussi d’une grande richesse. Les textes présentent des styles variés qui s’accordent aux sensibilités des auteurs. Ces témoignages ne laisseront pas les lecteurs indifférents, car ils illustrent toute la vitalité et l’engagement des chrétiens d’aujourd’hui.

Comment les auteurs se sentent-ils entre les enseignements de l’Église et la culture moderne? Vivent-ils entre l’arbre et l’écorce? À vous de découvrir ces hommes et ces femmes qui, je l’espère, vous inspireront de vivre une fidélité à l’église bien assumée et vivifiante.

Image : Petit-duc maculé, Sylvain Messier (2017)

11 Comments

  1. Cela représente un beau sujet de spiritualité de savoir si on est plus arbres, écorces, branches ou feuilles.

  2. Pour être plus accessible, il faudrait aussi chercher entre dieu et le christ, entre le christ et l’église, entre l’église et la paroisse et entre la paroisse et l’individu.

  3. Il ne faudrait pas aussi oublier de mettre en valeur les branches et le feuillage, car peu de personne aimerait jouer le rôle du tronc ou de l’écorce.

  4. Il est possible qu’une jeune écorce avec un vieux tronc ne soient pas adaptés au climat contemporain.

  5. La fidélité et l’obéissance n’est peut être pas assez pour faire tenir le tronc avec l’écorce et résister à toutes les intempéries.

  6. À partir de ceux et celles qui sont entre l’arbre et l’écorce, il y aurait moyen d’aller chercher une spiritualité du cheminement étant donné qu’ils sont toujours en questionnement.

  7. Il y aurait lieu de transformer l’arbre et l’écorce dans un autre produit fini lorsque les deux ne peuvent cohabiter.

  8. Il faudrait trouver le bon mélange entre la fidélité, l’obéissance, la paix et le partage entre l’arbre et l’écorce.

  9. Il y a toujours de la place pour plusieurs types d’arbres avec plusieurs types d’écorces.

  10. Il devrait y avoir de la place pour des arbres et des écorces sur mesure pour les arbres et les écorces disponibles.

Laisser un commentaire