La confession de M. Ward

Je me suis laissé bercer par la musique de M. Ward (ne pas confondre avec Mike Ward !!!), par le grain particulier de sa voix, avant même de bien saisir les paroles de ses chansons. Puis mon oreille a fini par se faire plus exigeante, par se tendre pour bien circonscrire le sens de ce que j’aimais chantonner nonchalamment.

Verdict : le chanteur originaire de Portland n’a pas le panache de parolier d’un Bob Dylan, il s’inscrit sagement dans la tradition folk américaine avec pertinence mais sans grande réinvention. Néanmoins, ici et là, il traite de certaines réalités de foi avec une profondeur qui manque trop souvent à ceux et celles qui, en musique, prétendent  s’y attaquer avec une approche semblable.

Certes, des chansons comme « Epistemology » et « Fisher of Men » n’ont rien du traité de théologie, mais elles ont un je-ne-sais-quoi de juste, et ont cette grande qualité de ne jamais verser ou bien dans le gnangnan confessionnel, ou bien dans la critique facile, la réserve bien-pensante.

Et le chanteur remet cela sur son plus récent album, More Rain. Sans doute l’un des plus faibles de son répertoire, à mon avis, mais quand même, il y a de beaux moments, notamment sur « Confession ».

Eh oui, une chanson sur la confession. Pas très glamour ! D’autant plus que ce n’est guère pour critiquer cette pratique typiquement catholique. Il en fait plutôt l’éloge. Voici ce qu’il en dit (selon ma traduction très libre) :

  • « C’est un lieu où tu peux te réfugier quand tout conspire contre toi »
  • « C’est un lieu où je sais que personne ne te retrouvera »
  • « C’est une admission des forces que tu as et de celles qui te manquent »
  • « C’est un lieu où tu peux aller quand tu t’es égaré trop loin de chez toi »
  • « C’est une admission que tu ne peux pas réussir tout seul ».

Pas mal du tout. Il met en lumière la fonction de recentrement, de « rapaillage » que remplit l’acte de se confesser. Et que c’est bien plus qu’un aveu robotique de fautes commises : plutôt un temps privilégié pour faire le point sur ce que l’on fait de bien et sur l’aide dont on a besoin pour mieux faire le reste. Très positif et moderne, comme approche.

Sa manière de présenter ce que les chrétiens appellent le péché n’est pas sans mérite non plus : « manquer le train », « être égaré loin de chez soi ». Images sobres et peu culpabilisatrices.

Et tout cela se termine sur une note tout à fait « orthodoxe » : « allez, admets que le soulagement que tu ressens ne vient pas de toi ». Bref, une chanson que l’on pourrait qualifier d’édifiante si cette épithète ne faisait pas aussi peur – parfois non sans raison !

Image: Aure Dominguez, M. Ward (2012)

2 Comments

  1. Merci de me faire connaître ces personnes. Tu as dû écouter plusieurs fois pour bien entendre les paroles….

  2. Mais c’est en anglais!!!
    Je n’en reviens pas…en anglais!
    Je suis profondément surpris. À cause de la langue, ça ne m’intéresse pas.

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