Entre ciel et mère: Noël Playmobil et autres bonheurs

COLLABORATION SPÉCIALE: Valérie Roberge-Dion nous offre un extrait de son livre Entre ciel et mère. Spiritualité, vie de famille et autres acrobaties, à paraître en février 2016.

J’ai mentionné que Flavie est très volubile? Ça vaut aussi pour les chansons. Depuis Noël passé, chaque fois qu’elle est de bonne humeur, elle entonne Les anges dans nos montagnes. « Nos campagnes, Flavie, nos campagnes. » Non-non-non, rien n’y fait, elle préfère les montagnes. En décembre, c’est très mignon. En juillet, c’est franchement cocasse, comme on peut le voir sur les visages de tous les gens qu’on croise. Surtout à l’épicerie, c’est tellement hors contexte…

Ben quoi? Si une enfant peut nous rappeler que c’est censé être Noël tous les jours, tant mieux!

J’aime faire du pouce sur le calendrier pour permettre aux enfants de vivre de belles expériences spirituelles. L’Avent stimule ma créativité au plus haut point, avec ses calendriers, ses couronnes, ses bougies. On mousse au maximum l’excitation en vue de Noël, une occasion en or d’éveiller les petits à la magie de cette fête. Chez moi, enfant, la montée vers le climax passait par la répétition des cantiques pour la messe de Noël, le bricolage des personnages à installer dans la crèche, la décoration de la maison, le choix de la robe officielle du temps des fêtes, l’espérance des cadeaux… Une joyeuse expectative me faisait rêver le soir avant le dodo. On m’a appris que, au cœur de cette attente, pouvait grandir le désir d’accueillir Jésus chez moi, à Noël. Que sa naissance dans mon petit cœur d’enfant était synonyme de fête continuelle. C’est un peu tout ça que j’aimerais recréer avec mes enfants.

Mon chum Louis-Simon y met du sien. Notre petite avait à peine un an quand il s’est procuré une crèche-jouet, de la marque Playmobil : « Wow, c’est un rêve d’enfance qui se réalise, d’avoir le droit de jouer avec les bonhommes de la crèche! » Effectivement, ils sont vraiment sympas, les petits santons en plastique colorés, on a juste le goût de s’amuser (ou de les manger, de l’avis de bébé Julien). On a mis en scène notre version maison du récit de la Nativité, et Flavie l’a recréée des dizaines de fois. Elle l’a bien sûr bonifiée, ajoutant un bonhomme pour chaque membre de notre famille, des sapins, un orignal, etc.

Reste à articuler de façon cohérente le lien entre l’Enfant-Jésus, le père Noël et les cadeaux! C’est quoi le rapport? On peut évidemment y aller de l’explication longue des facteurs culturels et religieux entourant l’événement. Mais voici quelques tentatives originales issues de mon enquête :

  • Chez ma sœur, les enfants ont compris que Noël est la fête de Jésus. Comme Jésus est dans le cœur de tout le monde, on fait des cadeaux à tout le monde!
  • Mon amie Julie est découragée par les dérives commerciales autour de Noël. Elle a décidé de mettre l’accent sur saint Nicolas, plutôt que sur le père Noël. Le personnage remet aussi des surprises aux enfants, motivé par une générosité inspirée de celle de Jésus.
  • Belle-maman m’a amené une idée signifiante : pendant l’Avent, on monte la crèche au pied du sapin, sans y mettre la figurine de Jésus. Au retour de la messe de minuit, les enfants découvrent dans le berceau un objet mystérieux. C’est un petit cadeau. Ils le déballent, pour y découvrir le bébé Jésus! Ça fait un beau punch pour leur parler du sens de la fête. (Mais alors, on s’expose à : « C’est le père Noël qui a apporté Jésus? » Y’en a pas de faciles…)

J’essaie de donner aux enfants un peu de chair autour de l’os, dans mes explications sur le sens de Noël, parce que viendra un jour pas si lointain où ils cesseront de croire au père Noël. Ce serait dommage qu’ils associent alors Jésus à une fable pour bambins crédules.

(…)

Image: slu.to, Christmas (2013)

1 Comment

  1. Encore une fois, bravo Valérie pour votre article. Quelle femme inspirante vous êtes!

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