Patrimoines d’exception – Calvaire de Yamaska

Lorsqu’on pense au patrimoine religieux bâti, nous avons, la plupart du temps, l’image d’un lieu de culte en tête, que ce soit une église, une cathédrale, une mosquée, un temple, etc. Cependant, on oublie souvent des lieux qui sont l’expression d’une foi bien incarnée localement et qui parsèment tout notre territoire. Laissez-moi vous présenter l’un de ces lieux, soit le calvaire de Yamaska, communément appelé Albert-Mondou.

Quelques mots d’explication pour commencer. En contexte nord-américain, un calvaire est une construction extérieure qui comprend nécessairement une croix, généralement un Christ crucifié et habituellement une structure qui protège l’ensemble des éléments. Parfois, le calvaire comprend un chemin de croix complet, mais ce n’est pas toujours le cas. Le nom « calvaire » réfère évidemment au Golgotha, lieu de la crucifixion de Jésus de Nazareth.

Dans le cas qui nous intéresse, il s’agit d’abord et avant tout d’une croix de bois peinte en blanc mesurant environ cinq mètres de haut sur laquelle se trouve une statue du Christ crucifié peinte de couleurs vives et surmontée de la mention « INRI ». Le crucifix est protégé par un édicule de bois à quatre faces couronné d’une croix et ceinturé par une clôture de planches. L’ensemble se trouve sur la rue centrale de la municipalité de Yamaska, en Montérégie.

L’histoire du calvaire de Yamaska est intimement liée à celle des rébellions de 1837-1838. En effet, son instigateur, le navigateur Dominique Charland, a été emprisonné à Trois-Rivières à la fin de 1837 pour avoir participé à la bataille de Saint-Denis le 23 novembre 1837. C’est lors de son séjour en prison qu’il aurait fait la promesse de construire un monument dans son village natal, Yamaska-Est, s’il évitait la pendaison.

Une fois libéré, il tint sa promesse et engagea le sculpteur Alexis Milette pour la réalisation du Christ. Par la suite, Dominique Charland et ses descendants se sont chargés de son entretien jusqu’à son déplacement à l’endroit actuel en 1922. Le calvaire de Yamaska a ensuite été sous les soins d’Albert Mondou pendant plus de 60 ans, jusqu’à ce que ce dernier le remette à la municipalité en 2005.

Gravement dégradé par les intempéries et des vents violents qui ont fait basculer la croix, le calvaire a été restauré par Martin Gauthier en 2016. C’est ce dernier qui a su identifier l’artiste qui est l’auteur de la statue du Christ. Le calvaire a été inauguré et béni de nouveau en 2017, si bien qu’elle orne à nouveau fièrement les abords de la route 132.

On aurait tort de jeter le discrédit sur ces monuments qui parsèment l’ensemble de notre territoire. L’importance de ces lieux est tout autant religieuse que patrimoniale, car ils sont des concentrés de mémoire collective, témoins de notre passé et legs important pour le futur.

Appel à tous : N’hésitez pas à m’écrire au simon.maltais@novalis.ca afin de me suggérer d’autres lieux exceptionnels du patrimoine religieux québécois ou canadien.

Image : r-yamaska-qc-132-et-route-centrale, Gérald Arbour (2018)

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