Demain commence aujourd’hui

Avec les inondations qui ont ravagé de très nombreuses municipalités partout dans la province, l’impact violent que peuvent avoir les changements climatiques sur notre vie quotidienne, même au Québec, semble de plus en plus évident. L’ampleur du défi environnemental, rythmée par les grandes conférences internationales, fait l’objet d’un large consensus scientifique qui nous force à réfléchir non plus à la réalité du problème, mais plutôt à la solution qu’il convient de lui apporter.

C’est d’ailleurs dans le contexte de la dernière conférence sur le climat, celle de Paris tenue en 2015, qu’il faut placer la publication de la lettre encyclique Laudato Si’ (Loué sois-tu) par le pape François. Ce texte, fortement félicité par le mouvement écologiste, offre une vision réaliste, mais empreinte d’espoir, des défis de l’humanité en tissant des liens entre environnement, communauté, pauvreté et politique. En soi, ce genre de discours détone de celui des dernières années où les appels au changement étaient imprégnés de pessimisme et même d’une certaine dose de culpabilisation à l’égard des individus.

Cela m’amène à parler d’un documentaire français sorti lui aussi en 2015, alors même que les dirigeants de 195 pays se réunissaient à Paris pour conclure un accord sur le climat. Réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent, Demain aborde la question des changements climatiques d’un point de vue lui aussi résolument optimiste en misant plutôt sur les initiatives locales bien réelles qui existent partout sur la planète. L’équipe du film s’est donc rendue dans une dizaine de pays pour observer les pratiques de groupes, communautés et entreprises qui ont répondu de façon créative et solidaire aux défis du 21e siècle.

La narration du documentaire est articulée autour de cinq grands thèmes interreliés qui offrent un panorama plutôt complet des enjeux dont il est question et des réponses à ces derniers. De l’alimentation à la démocratie, en passant par l’énergie et l’économie, le tout aboutit à une réflexion sur l’éducation qui m’est apparue comme étant un peu expédiée. Néanmoins, le chemin parcouru par les réalisateurs permet de réaliser à quel point il est nécessaire et fécond d’avoir une réflexion globale qui prend en compte tous les aspects du problème.

Dans certains passages du documentaire, il est possible de reprocher un certain irénisme excessif de la part de l’équipe qui semble parfois gommer des éléments qui concordent moins avec leur vision positive de l’avenir. Néanmoins, le ton général est juste, intéressant et n’est pas dépourvu de critique à l’égard des systèmes actuels qui prônent l’immobilisme et le statu quo.

Malgré tout, la démonstration la plus magistrale de ce documentaire n’est pas la présentation ou la valorisation de ces initiatives qui, somme toute, restent encore à une échelle locale. C’est plutôt celle de l’importance et de la force d’une communauté vivante qui se parle et qui agit ensemble. Par les exemples avancés par le documentaire, nous sommes véritablement interpellés à réinvestir nos voisinages, à renouer des liens avec notre communauté et à redécouvrir le sens du partage et du don dans les relations humaines. Bref, il présente un message qui, même s’il ne le mentionne jamais explicitement, fait écho aux valeurs qui fondent le christianisme.

Voilà un rayon de soleil qui donne bon espoir pour l’avenir. Maintenant, allez ! Pourquoi ne pas vous enquérir de la santé de votre voisin ou participer à l’organisation d’un jardin communautaire ?

Image : cherry.time, Enfants (2006).

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