Une Bible version Lego

À moins de cultiver un rapport excessivement sacralisant à la lettre même de la Bible, il est fascinant de découvrir toutes les versions qui en sont faites. Certaines tentent de respecter au mieux le génie hébraïque à l’origine du corpus biblique; d’autres sont pensées comme support à la liturgie, à la prière personnelle ou encore à l’évangélisation des personnes dont le niveau de littératie est limité. Chacune a sa personnalité propre et, sauf travail bâclé ou biais idéologique trop prononcé, son champ de pertinence.

C’est ainsi que nous arrive La Bible en 1001 briques (Novalis/Première Partie), en deux tomes (Ancien Testament et Nouveau Testament). En d’autres mots, ce sont des Bible Lego. Oui oui, voilà l’Histoire sainte revisitée par l’intermédiaire de l’humour et de l’esthétique de la célèbre franchise, qui a su traverser plusieurs générations.

Assurément, nous voici en présence d’une version de la Bible peu faite pour alimenter la lectio divina. Par contre, si vous avez envie de découvrir ou de redécouvrir quelques-uns des grands récits des deux Testaments sans y consacrer trop d’énergie intellectuelle, ou alors en compagnie de votre enfant ou de votre ado, les deux ouvrages risquent de combler vos attentes.

Car le résultat, qui aurait pu être bancal, s’avère étonnamment convaincant. Et ingénieux, quand l’on sait que l’auteur, Brendan Powell Smith, a dû reproduire les scènes bibliques sans l’aide de personnages ou de blocs Lego spécialement créés à cette fin. Il a donc agencé des briques et accessoires déjà existants mais n’ayant rien à voir avec l’univers biblique.

L’auteur n’étant pas croyant, il ne faudrait pas prendre les choix qu’il a faits comme des propositions théologiques. S’il s’efforce visiblement de rendre le plus fidèlement possible les scènes décrites par le texte biblique, son objectif est avant tout de divertir dans le respect de l’humour Lego et en capitalisant sur l’imaginaire populaire. Ainsi, Dieu le Père est un vieillard barbu drapé de blanc, les sourcils froncés; la Mort, dans l’Apocalypse, ressemble à Dark Vador; Satan à Dracula; etc.

Bref, une « Bible » singulière, drôle mais néanmoins instructive, pour public averti (car tout de même, le lecteur doit être prêt à affronter la découverte de ce à quoi ressemble la circoncision d’un personnage Lego… !).

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