Un « transparent de Dieu » bien de chez nous

Ça fait à peine un an que je suis initié au métier d’éditeur, mais j’ose tout de même utiliser une expression grandiloquente : dans toute ma carrière d’éditeur (!), je n’ai publié aucun manuscrit non sollicité provenant d’une personne qui n’est pas déjà un auteur établi. Aucun ? Jusqu’à tout récemment, c’était encore vrai, mais depuis cette semaine, en librairie, on peut trouver Comme une flûte de roseau. Sur les traces de frère François-Marie, d’Anne Garon.

Il y a bien des éléments qui faisaient de ce manuscrit, et qui font désormais du livre, un objet tout à fait sympathique :

  • Il raconte la vie d’un religieux bien de chez nous, né à Montréal dans les années 1950.
  • C’est bien orchestré : on commence par le récit des dernières heures de frère François-Marie, au Cameroun, alors qu’il est entouré de personnes édifiées par son rayonnement intérieur.
  • L’ouvrage est parsemé de citations de gens qui l’ont connu et de passages du journal de bord de François-Marie, ce qui lui donne un caractère aéré, bien rythmé, et donc une grande lisibilité.
  • Le ton est rempli de tendresse, car l’auteure, Anne Garon, est la sœur aînée de frère François-Marie.

À ces éléments, j’aimerais ajouter que cette biographie n’a pas la prétention de jouer le rôle de procès de canonisation. Ce n’est pas l’un de ses ouvrages qui ne mentionnent les difficultés que traverse le « héros » dans le seul but de souligner sa force morale. Non, l’auteure, même si elle est fascinée par la figure de son frère, ne veut pas en faire un saint, et n’embellit pas la réalité. C’est rafraîchissant.

Comme une flûte de roseau

Un des moments les plus poignants du livre advient lorsque le futur franciscain de l’Emmanuel est encore empêtré dans les rets idéologiques de la secte de l’Église de l’Unification, dont les membres sont connus sous le nom de Moonies. Assoiffé d’authenticité, désirant être au service de la vérité et des plus pauvres, François Garon a d’abord cru que c’était dans ce mouvement qu’il pourrait s’épanouir. La désillusion fut cuisante, et le retour à la vie civile ardu. Mais c’est alors qu’il fait la rencontre du Christ, et de la figure de saint François d’Assise, qui le bouleversent. La suite n’est pas sans turbulences, mais la paix et la joie gagnent progressivement du terrain dans l’âme de frère François-Marie, jusqu’à ce qu’il devienne une source d’inspiration pour bien des jeunes – et des moins jeunes.

En résumé : un livre qui fait du bien, car l’on y voit doucement triompher la lumière dans un cœur qui ressemble, à bien des points de vue, au nôtre.

Photo: Franciscains de l’Emmanuel, Enseignements de frère François-Marie à Verdun

5 Comments

  1. Je vais l’acheter, le lire et fort probablement le partager! Merci Jonathan d’éditer de tels types de livres…

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