Thérèse !

À la Foire du Livre de Francfort, il y a deux ans, je me suis aventuré dans l’allée des éditeurs néerlandais, à la recherche d’inspiration. Je ne fus pas déçu : en vedette dans l’un des kiosques trônait un drôle de livre-magazine dont la couverture étonnait, avec sa représentation très urbaine d’un Jésus contemporain. Mêlant chroniques « art de vivre » et rubriques « christianisme nouveau genre », le périodique embrassait franchement une approche jeune, moderne, voire irrévérencieuse de la foi chrétienne.

J’appris quelques minutes plus tard que la maison Première Partie avait déjà acquis les droits en langue française.  Après discussion avec cet éditeur, j’ai dû me résoudre à laisser passer l’opportunité d’une édition canadienne : trop de modifications auraient été nécessaires pour inculturer le magazine. Mais en France, le projet baptisé Jésus ! (moins décalé que l’original néerlandais, il faut le souligner) a pris de l’ampleur, et ce « premier magazine dont Jésus est le héros », selon la formule que l’on trouve sur leur site Web, publiera bientôt son deuxième numéro.

En attendant, nous arrive au Canada le magazine Thérèse !, que l’on peut considérer comme un hors-série du « Jésus mag », et qui bénéficie d’un travail d’édition un peu plus raffiné. Et surtout, cette fois, le contenu québécois abonde. Des contributions de la directrice de l’Espace Benoît-Lacroix Sabrina Di Matteo, du chanteur Mario Pelchat, des Carmes de Trois-Rivières et de l’auteur spirituel Jacques Gauthier ponctuent en effet l’ouvrage. Sans compter l’apport de la rédactrice en chef invitée de la revue, Natasha St-Pier, bien connue au Canada, et qui a lancé récemment un disque de chansons inspirées de Thérèse de Lisieux.

Mais qu’est-ce qu’on y trouve ? Des témoignages, des poèmes, des chroniques, un Top 5, des citations, de l’histoire, des photos, des recettes de cuisine, une bande dessinée, des idées de livres. Tout cela organisé autour de la figure de Thérèse, dans un joyeux pêle-mêle.

Le résultat est éminemment sympathique. Sans aucune prétention à l’exhaustivité, l’ouvrage, dont la facture matérielle rappelle quelque peu la revue québécoise Le Verbe, donne quand même un bon aperçu de « ce qu’il faut savoir » de Thérèse de Lisieux, par le biais de genres littéraires et paralittéraires nombreux et fort diversifiés. C’est donc une porte d’entrée facile d’accès pour quiconque désire découvrir la sainte la plus populaire du XXe siècle sans plonger dans une biographie en bonne et due forme.

Image: garlancannon, St. Therese of Lisieux (2010)

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