Sainte-Thérèse de Lisieux : Vivre d’amour

COLLABORATION SPÉCIALE : Luc Lanthier, représentant commercial chez Novalis

Vingt ans après l’album du Centenaire qui marquait les cent ans de la mort de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus en 1997 et qui est depuis longtemps épuisé, voici une nouvelle biographie de la sainte de Lisieux illustrée de centaines de documents d’époques. Avec un soucis plus méthodique que le magazine Thérèse, Didier-Marie Golay nous offre en effet le superbe album Sainte Thérèse de Lisieux : Vivre d’amour (Cerf, 2018).

Thérèse Martin, la petite Normande morte à 24 ans au carmel de Lisieux où elle était entrée 8 ans plus tôt, est un cas à part dans l’histoire de l’Église. La jeune religieuse ne s’était pas vraiment distinguée des autres carmélites du couvent, au point qu’une consœur se désolait de la tâche de rédiger sa notice nécrologique : « Tout aimable qu’elle est, cette petite sœur n’a rien fait qui vaille la peine d’être raconté. »

Et pourtant ! C’est un ouragan de gloire qui s’est abattu sur la jeune religieuse. Elle fut canonisée 28 ans après sa mort (un record à l’époque) et est maintenant considérée comme la plus grande sainte des temps modernes. Le pape Pie XI l’a nommée Patronne des missions en 1927, elle qui n’avait jamais quitté sa région (sauf pour un pèlerinage en Italie) et Jean-Paul II l’a déclarée Docteur de l’Église en 1997, elle qui n’avait jamais rédigé de traité théologique ou spirituel… Ses parents Louis et Zélie ont été canonisés en 2015 et sa sœur Léonie, la moins douée de la famille et le grand souci de ses parents, est en route vers la béatification.

C’est pourtant une vie toute simple que raconte Didier-Marie Golay dans ce magnifique album. Une vie formidablement documentée pour une jeune religieuse obscure de la fin du 19e. Si l’on a accès à tant de documents originaux sur Thérèse (plusieurs photographies, de nombreuses lettres, ses journaux spirituels, poésies, dessins et peintures), c’est qu’elle a vécu entourée de trois de ses sœurs attentives à conserver ces trésors.

À la mort de leur père Louis Martin en 1894, Céline entra au Carmel rejoindre ses sœurs Thérèse, Marie et Pauline. Elle avait obtenu la permission rarissime à l’époque d’apporter son appareil photo avec elle. Elle prendra ainsi plusieurs clichés de Thérèse et de la communauté tout au long de sa vie, jusqu’à sa mort en 1959. Cela qui nous vaudra des photos de Thérèse dans des situations inattendues : déguisée en Jeanne d’Arc pour une pièce de théâtre, au lavoir, aux foins ou en récréation avec la communauté.

Tous ces documents, loin d’être une distraction, aident à entrer dans la spiritualité simple et profonde de la sainte. L’album du père Golay nous fait découvrir le quotidien dans lequel s’est développée cette approche humble de la sainteté. Certaines sensibilités jansénistes de ses poésies ou de quelques-uns de ses dessins contrastent et mettent en valeur la modernité et l’originalité de sa pensée exprimée dans ses lettres et surtout dans les trois cahiers rédigés à la demande de ses sœurs en 1896 et 1897.

On comprend mieux pourquoi cette jeune fille morte il y a plus de 120 ans est toujours si actuelle et inspire encore tellement. Le succès inattendu d’un album de chansons inspirées de ses poèmes interprétées par une chanteuse populaire bien connue, Natasha St-Pier, en témoigne bien.

Image : Photo no 24 de Thérèse de Lisieux, Office Central de Lisieux (1895)

1 Comment

  1. Merci, ayant beaucoup lu et médité les parutions de Thérèse, je me demande si ce nouveau document aura mon attention….
    Je vais le regarder la prochaine fois que je vais à la librairie et je verrai….
    Elle demeure, pour moi, ma sainte….sa petite voie me convient…mais pas encore vécue au quotidien…facile à lire, à le vouloir mais….la pratique est le mot à utiliser….se pratiquer…😀Merci !🙏🎶😌

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