Nouveau Testament – version mook

Une amie m’a récemment fait remarquer que pour un homme qui n’aime pas s’encombrer de trop de livres chez lui, je possède quand même passablement de traductions différentes de la Bible. « N’est-ce pas toujours la même histoire ? », m’a-t-elle demandé avec humour. Et de poursuivre : « Y a-t-il une version dans laquelle il ressuscite un peu plus fort ? »

Quiconque s’est un jour laissé happer par le texte biblique sait bien que chaque traduction conditionne une expérience de lecture différente. Beaucoup d’entre nous ont une version préférée, de référence, mais cela ne nous empêche pas de savourer les nuances apportées à certains versets par d’autres traductions.

Ainsi, est-ce une nouvelle traduction révolutionnaire que nous offre le tout récent Nouveau Testament des Éditions du Cerf (2018) ? Non, car le texte est celui de la Bible de Jérusalem. Alors quelle nouveauté ? Cette dernière est à trouver du côté du format vaguement mook de l’ouvrage.

En effet, on a l’impression de tenir une (grosse) revue entre les mains. La présentation visuelle est à l’avenant : photographies de haute qualité, encadrés, fraîcheur de la mise en page. Un exemple de sa « contemporanéité » : pour illustrer 1 Co 9, 25, à propos des privations que doit assumer tout athlète en compétition pour une « couronne périssable », on a droit à une photo de l’équipe de soccer de France, victorieuse de la dernière Coupe du monde. Sympathique!

Autre particularité : comme introduction d’une page à chacun des 27 livres du Nouveau Testament, on propose une seule expression, présentée comme emblématique de l’esprit du livre. Pour Matthieu, on retient « Laisse faire ! », la première parole de Jésus dans cet évangile. Pour Marc : « Aussitôt », car ce mot y revient 42 fois. Etc.

Des introductions qui laissent donc de côté les savantes explications et mises en contexte, mais qui procurent des clés de lecture parfois assez originales.

Bref, un Nouveau Testament qui se veut d’abord cool, mais qui n’est pas sans substance non plus.

Image: DSC_3377, Dirk Hofmann (2016)

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