Les Luminaires, d’Eleanor Catton

Nouvelle-Zélande, 1860: la ruée vers l’or bat son plein, attire tant les hommes ambitieux que ceux désirant refaire leur vie. Une soirée de tempête, douze hommes sont réunis dans une auberge miteuse pour mettre en commun ce que chacun sait de la mort énigmatique d’un prospecteur.

À partir de cette situation initiale, Eleanor Catton (La répétition ) déploie son « polar astrologique ». Après deux centaines de pages (sur plus de 1000 !), je trouvais que ça promettait : l’auteure avançait avec un sens de l’intrigue et une rigueur de construction épatants. Et ces chapitres, baptisés du nom de conjonctures d’astres… je me disais : on va finir par entrer dans le grand mystère de la liberté et du déterminisme.

Mais non. Certes, en alternant entre une vingtaine de personnages qui sont à la fois coupables et innocents, immergés dans le présent et rattrapés par leur passé, Catton montre bien tout le poids des conditionnements pesant sur nos destinées. Toutefois, elle ne s’aventure pas au fond de la question. L’auteure révèle peu à peu les détails des actions principales et secondaires… et c’est tout. Au final, on n’entre pas dans l’intelligence du choix qu’elle a fait de rythmer son livre selon la carte du ciel du lieu et de l’époque… restituée avec une exactitude un peu stérile.

Bref, si l’on veut lire un polar peu intriguant mais intelligent et original, Les luminaires (Alto, 2015) fait le travail. Mais il ne faut pas y chercher autre chose, surtout pas de philosophie.

Photo: Carl Jones, Star Shower (2007)

1 Comment

  1. Moi aussi il m’arrive d’être déçu d’un livre dont le titre annonçait plus de contenu. On dirait que certains éditeurs donnent des titres vendeurs au lieu de décrire le contenu du livre.

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