L’Ancien Testament commenté – L’Exode

Les biblistes me corrigeront si  je m’abuse, mais selon mon expérience, quand l’on évoque l’Ancien Testament parmi des gens qui ne passent pas leur dimanche soir à relire le Lévitique, la réaction la plus courante ressemble à celle-ci : « Ah oui, Adam et Ève ! »

Quant à la deuxième position, elle revient probablement aux événements entourant la figure de Moïse. L’Exode regorge d’épisodes ayant marqué notre imaginaire culturel, ne serait-ce que par l’intermédiaire de films comme Les Dix commandements et Le Prince d’Égypte, de véritables classiques.

Mais l’Exode est-il encore lu ? Ses premiers chapitres ont beau ressembler à un roman d’aventures, je crains que le livre soit peu parcouru, malgré sa richesse et son importance théologique et spirituelle. En fait, là où les films nous entraînent dans une trame narrative plutôt lisse, le livre est chargé de détails et de paroles qui peuvent confondre, voire rebuter.

C’est pourquoi Thomas Römer, l’un des plus grands spécialistes du Pentateuque (les cinq premiers livres de la Bible, qui constituent la Torah juive), a piloté un projet de traduction en français d’un ouvrage allemand commentant d’une manière exceptionnellement claire et concise chaque passage de l’Exode. Le résultat se retrouve dans L’Ancien Testament commenté – L’Exode (Novalis, 2017), qui fait suite à un bouquin semblable consacré à la Genèse (Novalis, 2016).

L’approche privilégiée est celle que l’on appelle « historico-critique ». Cette méthode se sert de la critique textuelle et de la critique littéraire tout en prenant soin de replacer chaque passage dans son contexte sociohistorique. Grosso modo, cette approche excelle à nous donner des clés de compréhension de ce que l’auteur voulait exprimer avec telle ou telle histoire, considérant les enjeux de son époque, ses référents, le niveau de développement des diverses théologies, etc.

Petit détail : la traduction utilisée est celle de la Nouvelle Bible Segond, donc une version révisée d’une traduction protestante jouissant d’une excellente réputation. Certains catholiques répugneront peut-être à lire ou relire l’Exode dans une traduction protestante, mais ce serait à tort : la crédibilité des traducteurs et des commentateurs dépasse largement les cercles protestants, et je serais bien embêté d’identifier un passage dont la traduction résulte d’un biais idéologique confessionnel, ou qui diffère en substance de la TOB.

Bref, un ouvrage solide qui réussit à rendre limpide pour un lectorat non spécialisé la lecture d’un des livres les plus importants de la Bible.

Image: Alain Bachellier, Moïse (2006)

1 Comment

  1. Thomas Römer est effectivement l’un des grands noms de l’exégèse vétéro-testamentaire. Il était l’une des références importantes dans le séminaire de deuxième et troisième cycle que j’ai dirigé sur Dieu dans l’Ancien Testament.

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