Jésus, le premier scout

COLLABORATION SPÉCIALE : Jasmine Côté, coordonnatrice aux communications et au marketing chez Novalis

Prononcer sa promesse scoute, c’est choisir une vie d’aventure et de liberté, mais aussi d’engagement et de service. Ayant le scoutisme tatoué sur le cœur depuis l’âge de dix ans, j’étais curieuse de voir où Xavier de Verchère nous amènerait dans Jésus, le premier scout (Cerf, 2018). Le Père Sévin et le Chanoine Cornette, à l’origine des Scouts de France, croyaient que Jésus était un scout modèle et un modèle pour les scouts en quête d’idéal.

Dès les premières pages, l’auteur rappelle avant tout au scout sa mission : être lumière du monde et apporter la paix, rien de moins. Éclairer sa route et celle des autres. Il n’y a pas de doute, il s’adresse à un lecteur qui a la devise « Sois prêt » gravée dans son ADN.

L’auteur dresse plusieurs parallèles entre les valeurs du scoutisme et celles des Évangiles. Comme Marie qui s’est engagée à être la servante du Seigneur, le scout promet d’être au service de sa famille, de l’Église et de sa patrie. Puisque l’auteur explique plusieurs termes au sens scout et au sens biblique, le ton de l’ouvrage est parfois un peu didactique.

La spiritualité scoute est basée sur l’esprit qui anime le mouvement : un esprit d’aventure, de service, de fraternité et de respect de la création, de la nature. L’auteur apporte beaucoup d’éléments de réflexion sur la mission, voire la vocation, des chefs scouts qui demande beaucoup de temps et de discernement. « Notre spiritualité est éducative si nous acceptons le principe que tout éducateur doit se laisser éduquer. » Les jeunes avec lesquels nous œuvrons nous amènent continuellement à nous remettre en cause, à rester ouvert. Et, devant l’ampleur de la tâche, l’être humain a besoin de plus grand que soi, de l’Esprit saint.

L’ouvrage est ancré dans le concept de la Trinité : Jésus est l’homme de terrain, Dieu, notre Père à tous et l’Esprit saint, celui qui vient pour nous soutenir quand notre route est difficile.

Xavier de Verchère, aumônier national chez les Scouts et Guides de France, illustre par ses propos que le mouvement créé par Baden-Powell, qui rejoignait les besoins d’une génération en quête de sens, est toujours actuel. Il semble d’ailleurs vouloir convaincre ses lecteurs que le nom de Jésus est toujours d’actualité dans les textes scouts.

L’auteur est un peu sévère et, pour lui, être un catholique pratiquant semble être un prérequis obligatoire pour être Scout. Il ne voit pas d’autres options possibles. J’ai côtoyé des chefs excessivement dévoués qui prouvent le contraire. Pour ma part, confier à mes prières les jeunes et mon rôle était un plus non négligeable.

Le scout ressortira de cette lecture inspiré entre autres par les citations de Baden-Powell et du Père Sévin et empli de l’envie de partir pour un Jamboree — le summum de la fraternité !

Image : Rassemblement à Sainte-Sophie de l’Association des Aventuriers de Baden-Powell qui compte toujours des unités confessionnelles, Jasmine Coté (2012)

3 Comments

  1. Je crois important de garder le sens des proportions en ce qui a trait au Fils de Dieu. Le scoutisme n’est qu’un des centaines d’épiphénomènes qui se rajoutent au christianisme. Qu’il s’inspire des enseignements du Christ ne fait pas de celui-ci le premier scout. C’est là un raccourci facile, un abus de langage que beaucoup d’autres ont revendiqué pour légitimer leur mouvement. Ce polymorphisme de Jésus ressemble à celui de Protée ou d’Odin, comme un réflexe conditionné au sein de la pensée religieuse qui ramène toujours la réflexion aux mêmes travers. Avant longtemps nous aurons Jésus-premier féministe, Jésus-proto-marxiste ou Jésus l’ultime boulanger… Or, malgré la transcendance des Évangiles, il demeure périlleux de plaquer une réalité contemporaine sur une autre vieille de deux milles ans. L’exercice est généralement réducteur et produit des distorsions au service de l’homme avant celui de la foi. Prudence.

  2. Merci, j’ai partage à un scout très engagé, papa de 4 jeunes. Il était content de lire l’article. Il reconnaissait certains propos…!

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